Le financement de la formation des imams ou quand la surdétermination politico médiatique vient brouiller les cartes

La laïcité a pour effet structurel de privatiser l’organisation de la foi et le financement du culte.Les imams , aussi précaires soient t’ils, cotisent au titre du droit à la formation professionnelle continue depuis 1974, comme tous salariés de France et de navarre. A ce titre, les OPCA concernés ont collecté des cotisations qui n’ont jamais ouverts de droit à la formation, car jamais réclamés.La première raison étant qu’il n’y a pas d’offre de formation existante pour cette profession.La seconde raison est qu’une représentation partagée, voudrait qu’un imam ne puisse pas se revendiquer comme tel dans l’espace du travail et de la formation professionelle.Pourtant, un imam salarié, comme tout salarié de France, aura au titre de ses cotisations, conformément au droit de la formation, subordonnée au droit du travail, tout à fait accès à son CIF, son DIF, voire sa VAE…et a un effort collectif de financement de sa formation, notamment permis par les sommes non réclamées depuis décennies et qui attendent dans le Fonds  Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionelles (FPSPP), vous savez ? les dizaines de milliards de la formation, dont on ne sait pas quoi faire ? Alors, pourquoi faire du financement de la formation des imams une question idéologique ? Il s’agit simplement d’une question de droit de la formation.

Les assises territoriales de l’islam de France ou quand les savoirs auraient pu permettre d’ouvrir le débat.

Les savoirs théoriques, ce sont les savoirs savants élaborés par la recherche scientifique, généralement à l’université.Les savoirs d’actions, ce sont les savoirs que disent mettre en œuvre les professionnels pour réaliser efficacement des tâches dans le cadre de leur métier.Dans le cas des imams, il me semble que les savoirs théoriques sont ceux qui sont exclusivement présents dans les DU Laïcité et les savoirs théologiques exclusivement dans les programmes des instituts musulmans.Les savoirs d’actions qui font le lien entre la théorie et la théologie, n’étant présents dans aucun programme de formation d’imams existant en France. Un exemple de savoir d’action ; comment construire un prêche ? Il s’agit de techniques de communication, pas de théologie, ni de droit ou de laïcité…par contre ces savoirs théoriques et théologiques peuvent indifféremment être mobilisés dans le contenu, du prêche.Alors que les pouvoirs publics sont englués dans l’opposition savoir profane/savoir sacré, aborder le problème par une autre taxonomie pourrait selon moi, permettre de construire le problème différemment.